Thieri FOULC

263. Décor antipersonnage (5)


Un tableau en largeur, avec une fenêtre en hauteur. Elle occupe la partie droite. Elle ne s’orne pas de rideaux (mais on peut faire la tringle à rideaux). Châssis de couleur jaune verdâtre, genre répugnant. La partie gauche, c’est le mur. Vide, verdâtre plus sombre et plus sale que le châssis de la fenêtre. Totalement dépourvu d’accessoires, au point que, si le peintre veut s’amuser, il peut peindre leur absence sous l’espèce de silhouettes plus claires sur le mur : radiateur, applique, bibelot ou tableau anciennement accroché au mur… L’intérêt, néanmoins, c’est le travail du mur, un mur peint mangé par l’humidité et le sentiment d’abandon. Par la fenêtre, un autre mur rime avec le premier. Celui-ci est un mur extérieur réputé non peint, mais peint par le peintre et non moins mangé par l’humidité et le sentiment d’abandon. Mur aveugle, sans fenêtre, du moins pour la partie qu’on en voit par la fenêtre. Indiquer l’accrochage de lignes électriques ou téléphoniques, pour le rythme mais aussi pour faire sentir qu’on est en hauteur, au moins au-dessus de la rue.

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