Thieri FOULC

561. Bataille de lits


Bataille de lits. Un lit en premier plan. Ce qu’on voit d’abord c’est le trou sous le drap, une caverne d’ombre prise sur le blanc. Celui-ci, par-dessus, frémit. Il y a de l’animation interne, pas seulement la figuration de plis. J’aimerais par-ci par-là tracer le tissage entrecroisé du drap, un effet de grossissement halluciné qu’en partie il faudrait recouvrir avec le blanc, la teinture générale, et qu’en partie il faudrait obtenir en frottant la toile elle-même. Ce drap ne doit pas être très différent d’un torrent, sauf qu’il coule des deux côtés du lit et du tableau, et qu’ainsi il ne peut évoquer le temps, dont on ne sait pourquoi il « coule ». Au-delà des bouillonnements du drap apparaîtrait le lit, en fuite, comme le verrait le malade qui justement n’est pas là. Fuite exagérée par trop de perspective, et surface de lit chavirée à droite, ce qu’expriment les lignes transversales du motif de la couverture (des bandes grises et brunâtres). Pas de barreaux, pas d’accessoires au pied de ce lit. Au-delà, le fond de la pièce serait indiqué selon une perspective raisonnable : arête verticale des murs, horizontale du plancher, du côté gauche. La bataille a lieu à droite, avec un autre lit qui déborde de derrière ou de sous le premier et qui, lui, n’est qu’un rectangle plan dans la toile.

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