Thieri FOULC

619. Vue partielle d’un tableau


Vue partielle d’un tableau. Partir de ce thème répandu : des tableaux figurés dans le tableau. Je ne les vois pas ici, comme dans les nombreux Cabinets d’amateur ou dans L’Enseigne de Gersaint, montrés du côté peint mais plutôt, comme dans l’autoportrait de Poussin, de dos, avec le châssis. Je peindrai donc un sol et un mur frontal (un mur d’atelier) sur lequel les tableaux retournés sont appuyés. Ces tableaux sont de tous formats, les plus grands touchant le mur, les plus petits devant. Certains sont en hauteur, d’autres en largeur. Les plus grands ont des châssis plus élaborés, avec croix et angles. L’ensemble est forcément dans les gris beige, couleur de toile écrue et de bois. Éventuellement je ferai des inscriptions au dos des toiles : titres, dates, mais ce n’est pas indispensable et le mieux serait de les rendre illisibles. Le traitement doit être sobre, une sorte de sous-réalisme plutôt modeste, où la simplification des formes soit suffisante pour faire sentir la géométrie de la composition mais sans prendre l’importance qui la ferait verser dans le symbolique. Le point attractif serait, sur la droite, dans l’échancrure constituée entre plusieurs toiles de dos et d’inégale hauteur, un petit secteur de toile de face, coloré donc, qui représenterait un coin de prairie à l’envers (c’est le cas d’un tableau posé la tête en bas). On distingue quelques fleurettes et quelques herbettes (moins nettes que chez Van Eyck) mais comme elles sont deux fois peintes (si j’ose dire), dans le tableau représenté et dans le mien, elles ont une propension à se fondre dans le décor. Lutter contre cette propension. Faire sortir ce coin de prairie inversé juste assez pour qu’il n’ait pas vraiment l’air naturel et qu’il vienne « en avant ».
Par nécessité d’équilibre, tout à fait à gauche, il faudra interrompre le mur de l’atelier : on fera là un départ d’escalier avec du creux et de l’ombre jusqu’en haut du tableau.


Publications
loading...