Thieri FOULC

278. Effet de cadrage


Effet de cadrage. Il y a des peintres du réel : ils se mettent en face de quelque chose et ils le peignent, ils le font venir face à vous. Courbet est ainsi, vorace et non inhibé. D’autres fuient le réel, ne supportant pas cet effet de présence : Michaux. En proposant des effets de cadrage je voudrais peindre le réel, mais dans sa fuite. Un tableau très allongé, panoramique. À gauche, une oreille. Forcément elle est environnée d’une nuque avec quelques cheveux, d’un cou, d’une épaule. Mais j’ignore qui est là. J’ignore toujours qui est là. Je ne suis même pas assez réaliste pour imaginer, par derrière, une ligne d’horizon, le ciel et la mer, non, tout juste un fond couleur muraille. Je ferai attention que les teintes se dégradent, plus sombres à droite, plus claires à gauche, de façon que l’ensemble ne soit pas comme une scène théâtralement éclairée dont on ne verrait qu’un fragment. Au contraire la luminosité serait diffuse, les clairs de la muraille très proches de ceux de l’épaule et du cou. Aucun effet de relief. Une simple présence découpée par la peinture.

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