Thieri FOULC

557. Il y a la forme d'un lit


Il y a la forme d’un lit et celle d’un drap, et une couverture rayée dont l’attrait japonisant sera impitoyablement noyé d’ombre. Le drap sera comme un flot, un de ces flots blanchâtres qui dans les rêves s’écoulent de vous par le bulbe rachidien. En face, le lit se dressera pour recevoir l’énergie projetée. Travailler alternativement la surface de ce lit et l’ombre qui l’entoure et la gagne. Voir laquelle triomphera, comment les forces s’équilibreront. Ce qui se joue ici n’est pas décidable d’avance. Je ne serais pas contre l’engloutissement du lit et même du drap dans une pénombre dévorante, mais je maintiens le plan dressé hors de tout espace. C’est un écran et quels que soient les voiles de pénombre, il dira toujours autre chose. Quelque chose de l’amour et de souvenirs liés à l’amour, mais aussi quelque chose de plus rude comme le sens du réel et du fugitif, quelque chose qui signifie une appartenance sans nom dont l’image est donnée comme passée ou possible, comme imperceptible, afin que d’acquiescement en acquiescement le peintre parvienne à tracer pour vous un chemin vers elle.


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