Thieri FOULC

Morpholo

De gauche à droite :

Image 1. Répartition des blancs et des noirs (256 solutions). Détail du rouleau de travail
Image 2. Exemples de quadruplons, doublons, quatre unicons, ...
Image 3. "Le Morpholo", pavage de 16 x 16 réalisé par Remy Bellenger
Image 4. "Le Morpholo", détail

***

Le Morpholo est une combinatoire à carreaux dont on propose des réalisations diverses, ludique, artistique, murale. Lesdits carreaux, qui portent des formes blanches et noires, se juxtaposent ad libitum, faisant apparaître quelques milliards (au moins) de plus-grandes-formes imprévues. Une seule règle : faire jouxter, quant aux bords, le blanc et le blanc, le noir et le noir.
Soit un carré. Chaque côté peut être divisé en deux, et chaque demi-côté (chaque demi-bord) peut être blanc ou noir. Pour un côté, il existe quatre structures possibles : blanc + blanc (tout blanc), blanc + noir, noir + blanc, noir + noir (tout noir). Pour le carré, avec ses quatre côtés, il existe donc : 44 = 256 structures possibles. Le Morpholo les matérialise toutes et comporte par conséquent 256 carreaux.

On peut numéroter les carreaux dans l’ordre de leur génération (cf. tableau ci-contre).

Les 256 structures sont différentes si l’on considère le carré comme orienté quant à l’ordre de ses côtés. Mais, moyennant un quart de tour, un demi-tour, ou trois quarts de tour, on trouve des structures superposables. Au total, 240 carreaux, si on ne les oriente pas, sont superposables quatre par quatre (quadruplons) ; 12 carreaux le sont deux par deux (doublons) ; et quatre carreaux sont, si l’on ose dire, des unicons.
Cette répartition des blancs et des noirs sur les côtés de 256 ou 70 carrés constitue un cas particulier de ce qu’on appelle, à l’Oupeinpo, « contrainte par bord ». C’est une règle formelle, comparable aux « formes fixes » que connaît la littérature mais que les arts plastiques pratiquent peu. Elle laisse libre l’imagination centrale de l’artiste, qui prendra plaisir à varier les formes sur la surface des carrés. Bien entendu, elle ne garantit pas le résultat ; comme la ballade ou le sonnet, elle est « capable » du meilleur et du pire. Tout dépend du talent 1° de l’artiste ; 2° des combinateurs qui jouent avec.

Publications
chargement...