Thieri FOULC

L'Art de la combinatoire, 1984


Polyptykon

Le Polyptykon est un système de pliage qu’Aline Gagnaire a inventé vers 1959 et qui a été baptisé par l’Oupeinpo le 12 novembre 1983.
Prendre une bande de papier. La plier en accordéon. Si le nombre de plis est impair – ce qui est préférable – on obtient un nombre pair de volets. Fendre la bande longitudinalement en trois, sauf le premier et le dernier volet qui doivent rester intacts de façon à maintenir les petites bandes solidaires. On peut maintenant replier l’accordéon et l’ouvrir comme un livre. On feuillette non ses pages mais ses volets ou plutôt ses tiers de volet, haut, milieu ou bas. On peut aussi poser l’accordéon sur une table en le déployant plus ou moins et en tournant les petits volets dans toutes les positions possibles. Si on le déploie au maximum, la bande se trouve complètement à plat et plus rien ne bouge.
Un tel dispositif permet au peintre de créer une œuvre à lecture multiple où, quelles que soient les positions des petits volets, les lignes, les formes, les figures se continuent néanmoins sans rupture. C’est une application de ce que l’Oupeinpo a nommé la Contrainte par bords. Pour corser l’intérêt il convient que le thème et le style soient en rapport avec le principe combinatoire du dispositif.
Le Polyptykon est apparenté à ces jeux enfantins qui proposent des cartes mobiles permettant d’interchanger la tête, le corps et les jambes d’un personnage. Il offre toutefois beaucoup plus de possibilités et procure en outre la satisfaction de créer, sur la bande à plat, une œuvre certes non transformable mais rythmée secrètement par les points de passage obligés, par les nécessaires continuités d’incurvation ou éventuellement de couleur régissant les formes destinées à se combiner lorsqu’on joue le jeu du pliage.


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