Thieri FOULC

118. La vie de saint Z


La vie de saint Z. Peindre une vie de saint, une « histoire », comme Mantegna a peint à Padoue l'Histoire de saint Christophe et Filippo Lippi à Prato l'Histoire de saint Jean-Baptiste. Deux grosses questions à régler d'abord : 1° Quel saint ? Que puis-je entendre par saint ? 2° Quelle forme, quelle technique adopter aujourd'hui ?
Je n'ai évidemment aucune raison d'aller prendre la vie d'un saint de l'Église romaine, ni des Églises orthodoxes, ni d'un saint musulman ou bouddhiste. Je ne me sens pas davantage porté vers une vie de saint Louis Pasteur ou de saint Jean Monnet. Même une vie de saint Hilbert d'après Jacques Roubaud ne me tenterait pas. Il faudrait que j'invente mon saint pour en raconter la vie, et alors je devrais m'interroger sur le genre de sainteté que je serais capable d'exprimer. Loin de moi les saints glorieux. Le seul genre dont je puisse m'accommoder serait ce que Mac Orlan appelle quelque part « un saint à rayonnement divergent ».
Je l'appellerais saint Z, sa vie ne serait rien d'autre qu'une suite de tableaux et sa vertu secrète serait de déterminer de nouvelles émotions picturales.

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