Thieri FOULC

132. Le corps de saint Z est jeté à la décharge


Le corps de saint Z est jeté à la décharge. Le tableau doit papilloter de lumières. Ces lumières sont le reflet du soleil sur des milliers d'objet peu identifiables mais de couleurs bigarrées, froides, qui constituent la décharge. Le ciel au-dessus, sur une toute petite bande, pourrait même être bleu, démoralisante couleur qui s'harmoniserait bien avec celles des boîtes de conserve et des vieilles couvertures. Dans d'autres exemplaires, on pourra le faire blanc ou gris avec des trouées jaunes — la lumière — ou même noir, l'éclat des déchets provenant alors de projecteurs électriques qu'on ne voit pas. Il faudrait dans ce cas ménager des zones de lumière et des zones d'ombre. On pourra aussi ne pas montrer le ciel, le tableau n'étant que déchets, et peut être que touches de couleurs non figuratives (mais toujours papillotantes).
Saint Z apparaîtrait de toutes façons sous forme de taches, de son rouge caractéristique, « détachées » parmi les taches froides. Les fragments de son corps resteraient groupés, plus ou moins selon les exemplaires. L'idée est qu'ils soient à terme totalement dispersés parmi les déchets, mais ils sont en cours de décharge, ou ils ont été jetés récemment et les touches de couleur suivantes ne les ont pas encore repoussés dans toute la page. Même terni par sa « passion », même dispersé, le saint, par sa présence, anime nos ferblanteries.

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