Thieri FOULC

143. Petit secteur (de paysage) : les maïs


Petit secteur (de paysage) : les maïs. Une bordure de chemin et, derrière, un champ de maïs. Le cadrage est serré (c’est un petit secteur). On ne voit que quelques pieds de maïs dans la largeur du tableau, et seulement le bas des tiges dans la hauteur. Toutefois l’effet de profondeur laisse deviner un vaste champ. C’est le début de l’été, les maïs sont encore verts, mais dans le secteur du tableau on aperçoit tout de même des épis assez mûrs pour que la tige qui les porte ploie sous leur poids. Les grains eux-mêmes commencent à apparaître entre les sépales.
Toute cette botanique vert pâle est le lieu d’une surprenante activité. Il faudrait que le peintre puisse rendre le bruit, grattement multiple, qui est produit dans ces pieds de maïs. En tout cas, dès qu’on regarde le tableau attentivement, on reconnaît des rats, dissimulés mais en pleine action. Dans l’ombre ils forment des taches brunes et ils rongent. Ils se risquent sur les épis qui se dérobent sous eux. Ils grimpent derrière les tiges, révélés par leurs pattes en avant-plan. Ils parcourent le sol en tous sens, se dressent parfois sur une motte pour tenter d’attraper des grains au-dessus d’eux. Intense agitation.
Il n’y a pas de sens à cette scène. Le peintre se gardera d’humaniser ces rats, comme un illustrateur de fable, ou de les rendre effrayants, comme un affichiste de cinéma.
Initialement un enfant devait apparaître aussi parmi les maïs, mais je le ferai sur une autre toile, de même hauteur que celle des rats, de façon qu’elle la jouxte exactement. Comme sur la première, il y aurait le bord d’un chemin avec le départ de tiges végétales. Il s’agirait cette fois de jeunes arbres et l’effet de profondeur laisserait deviner un sous-bois. Dans ce petit secteur l’enfant ne pourrait être vu in extenso. On apercevrait ses épaules de dos, en position couchée parmi les arbres, avec un vêtement clair, et sa tête en profil perdu.

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