Thieri FOULC

147. Image de souffrance (6). Bleu


Image de souffrance (6). Bleu. C’est un tableau rectangulaire mais à peine. Un peu plus haut que large. Encadré d’aluminium. Peint sur contreplaqué préparé. Il est bleu, non pas bleu Klein, mais de ce bleu à face de député-maire, de chef tailleur, de médecin-colonel : bleu roi, une couleur qui n’existe pas en pigment naturel et qu’on obtient par des mélanges opiniâtres.
Dans le quart inférieur droit, l’auteur, ou fauteur, a peint une bordée de rectangles quasi verticaux, disons penchés d’une dizaine de degrés. Le plus visible, qui est aussi le plus petit, est de teinte orangée terne, cette couleur qui eut tant de succès sur les carrosseries d’automobiles. Il est allongé, mais pas assez et il affiche dans ses proportions une balourdise sui generis : c’est un rectangle d’or. En partie masqués par lui et se masquant successivement se trouvent d’autres rectangles empilés, de proportions diverses. L’un est vert pâle, l’autre beige, un troisième noir, un autre chocolat, un autre encore, le moins visible, jaune citron. Ces rectangles sont en désordre (leur rang dans la superposition n’est fonction ni de leur proportion ni de leur couleur) mais leurs bords sont parallèles : ils sont tous également penchés.
Dans la partie supérieure du tableau, une pluie de petits ronds de diamètre décroissant du haut vers le bas, tandis que leur couleur passe du bleu marine au bleu layette.
La signature est peinte également en bleu layette, en bas à droite, en lettres rectangulaires. J’y ai mis un pseudonyme.

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