Thieri FOULC

234. Un tableau à vomir


Un tableau à vomir (donc une image de souffrance). Un mélange d’abstrait et de figuratif. Un personnage qui pourrait être un vendeur de grand magasin ou un démarcheur en quelque chose. Il est vu de face, sur la droite du tableau, et évoque stylistiquement les annonces presse des années cinquante (la vulgarité joviale, l’imbécillité illustrée). Son chapeau saute au-dessus de sa tête. Sa mèche crantée châtain clair lance un éclair, ses dents aussi. Il porte un costume à épaules carrées et une cravate rayée qui bondit en avant. Derrière lui on devine le bazar qui représente le paradis moderne : des rayons de casseroles, d’abat-jour, de vases, de postes de télévision, de rideaux, avec des silhouettes de passants épuisés. Notre homme dans son euphorie présente quelque chose au spectateur. On voit bien ses manches avec la petite fente et les boutons (ces boutons imaginés par le roi de Prusse pour empêcher ses soldats de se moucher dans la manche de leur uniforme). On aperçoit le départ de ses mains et l’extrémité de certains doigts. Mais entre les doigts jaillit l’abstrait, sinon lyrique, du moins dégoulinant (il jaillit au début et dégouline très vite). Ce sont des taches assez informes, avec du rose, du blanc et du beige, des filaments et des boules molles – de la viande mal digérée.

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