Thieri FOULC

256. Décor antipersonnage / Une table en perspective.


On sent qu’il y a eu un repas. Néanmoins tout est comme carbonisé. La nappe présente un trou de massacre sur presque toute la surface. Débris de nourriture et même de vaisselle par catastrophe picturale : on ne peint pas de la vaisselle cassée et des os de poulet, mais de la vaisselle et des poulets inachevés, fondus, mêlés au noir de la nappe. Ne pas mollir sur l’abondance : il y a là des bouteilles, des serviettes, des corbeilles de fleurs, des verres à pied, des fourchettes à dents, tout le tralala, tout inachevé. Autour de la table, des chaises à dossier en tapisserie. Peindre les motifs tissés : scènes de chasse, animaux réputés comestibles, guirlandes, dans des teintes vert sombre et brun qu’abîment de grandes zones sales, parentes de la table mais moins noires, plus tache-de-graisse. Derrière : le mur, avec un papier peint à rayures. Au premier plan à gauche, elles deviennent brouillard ; vers le fond, elles sont nettes comme des barreaux. Au fond, une porte ouverte, par laquelle apparaîtrait peut-être un maître d’hôtel ou de maison si la pâte noire qui détruit la table n’obstruait le passage.

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