Thieri FOULC

267. Le temps des clarifications


Le temps des clarifications. Il n’y a pas de noir qui tienne. Les tableaux noirs n’existent que par les couleurs du noir. Les lumières de la nuit. Regardez le petit Rembrandt de Dublin, Le Repos pendant la fuite en Égypte. Il n’est pas d’ombre sans lumière, dit le proverbe biblique que j’ai inventé. Je propose de peindre un Tableau noir à l’aide de glacis légers. Dès la préparation, je suggère de diviser la toile en trois zones : une grande zone chaude en haut, une zone froide en bas et un petit rectangle blanc à cheval sur les deux. La zone chaude serait une vibration de jaunes, d’orangés, de rouges. La zone froide un entrelacs de verts et de violets. Le blanc serait teinté de jaune citron à gauche et de bleu à droite. Tout cela n’est que la préparation, histoire de ne pas se livrer à l’improvisation sur une toile non composée. Cette préparation doit être plus dense qu’un simple dessous, une véritable couche picturale, même si sa fonction est d’être masquée. On passe alors un glacis noir sur une partie du tableau sans la faire correspondre à une zone du dessous. On laisse sécher. Quelques jours plus tard, on passe un nouveau glacis, toujours partiel, chevauchant en partie le premier. Le temps joue son rôle. On a au moins un an devant soi. Les glacis se superposent. Le noir s’épaissit. L’ombre s’impose ici, moins là. Toute la toile est couverte, bien sûr, mais différemment. Je ne refuse pas les effets de pénombre, mais je veille à ne pas cerner le tableau par les noirs les plus forts. Ceux-ci doivent venir plutôt dans le milieu de la zone chaude. Au bout d’un an tout est noir, mais rien n’est égal. On peut donner un titre : Maison dans la nuit, Cube sur une table, Une voile dans mon sommeil…

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