Thieri FOULC

312. Modeste vision figurative


Modeste vision figurative. Un cageot en bas à gauche, légèrement de biais. C’est une petite caisse à basse carrée, peu haute, aux bords faits de deux lamelles de bois ultraléger, non pas de mauvaise qualité, puisque peint, mais transparent, laissant passer la vue de ce qu’il serait censé cacher s’il se trouvait dans un monde réel. Dans le fond de la petite caisse, un papier bleu noir, présentant lui aussi des faiblesses ; on voit la toile à travers, car c’est du papier de soie. Sur le papier, deux fruits, des pommes-pêches plutôt blettes, c’est-à-dire brunes. Impossible de définir ce qui se trouve derrière ce cageot, c’est une zone neutre, gris-bleu, inachevée, peut-être plus sombre à l’endroit supposé du sol. À droite, une autre zone où l’on devine des montants en bois très ordinaires, pieds d’un haut tabouret ou d’un chevalet de peintre, avec une tache gris-vert dans le haut, sans doute un linge qui pend et qui ne masque pas les pieds. La toile est en hauteur et cette chose délaissée dans le bas attire l’attention par sa position vraiment inférieure. Le tableau lui-même aurait peu de prétention, ce n’est qu’une vision du demi-sommeil le 11 octobre 1998, une de ces révélations de bas étage dont les dieux, le subconscient et la fatigue viennent nous déranger de temps à autre pour nous faire croire à quelque chose.

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