Thieri FOULC

451. Image de souffrance (peinture)


Image de souffrance (peinture). Parmi les tableaux insupportables, à projeter néanmoins, il y a une toile que le peintre – qui pourrait être moi un jour d’insuffisance – ne cesse de reprendre. Une toile épuisante qui ne représente rien, mais qui peut évoquer malgré elle. On a commencé par mettre des teintes vives, pour suivre mes propres conseils. Du rouge grenadine, en couche épaisse. Puis du gris pour le calmer. Puis du bleu pétrole pour le raviver. Et ainsi de suite. La toile évoque maintenant un terrain marécageux, plein d’incertitudes de formes et de couleurs, un terrain où les couches successives marquent des zones et où les repeints créent des grumeaux. En roulant sous la brosse, ceux-ci écorchent la couche et font réapparaître le dessous. Il faut encore repeindre ; on en rajoute. Comme tout cela est irrégulier, on pousse dans cette direction, on peint des zones, des flaques. On bouche des trous, on étale les boulettes de peinture. On ne laisse pas sécher. Tout se mélange. Le marécage s’accentue, il tend vers le gris argilo-sableux, l’indéterminé qui est tout le contraire de la peinture.

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