Thieri FOULC

538. Lit noir


Lit noir. Un lit noir est mieux dans une série qu’isolé. Cela n’a pas de rapport avec la qualité du tableau, mais un effet de rupture dans la suite des lits clairs apporte quelque chose de plus. En outre, le scandale des bonnes âmes à imaginer des draps noirs (« funèbre ! funèbre ! »). Je propose de reprendre la composition d’un lit simple, c'est-à-dire un grand rectangle en bas à gauche, avec sur les deux autres côtés un arrière-plan minimal. L’intérêt est maintenant de travailler le noir, un noir pas net, plein d’humeurs et de sueurs, un noir de rêves de suffocations d’espoirs, un noir d’enfouissement et de recherche, un noir à reflets et à nuances (comme les tissus noirs de Holbein, mais pas si propre), un noir que brisent de petites croûtes et des poils, et des froissures, et des plis. Pas de revers, pourtant, pas de couverture ajoutée, pas de dormeur dans le lit, pas d’accessoires ni d’animaux alentour. Faire juste un arrière-plan verdâtre peu soutenu, un sol, certes, mais dont l’atmosphère se répande dans le noir du lit.

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