Thieri FOULC

543. Lit habité


Lit habité. Le tableau est vertical et le lit en hauteur. Il pend du haut du tableau, avec une ruelle de chaque côté. Le fond, ce que je viens d’appeler ruelle, est sombre. Un noir de sale nuit. Un sol où on n’aimerait pas poser le pied, de la boue ou pire. Le lit, lui, est gris, non pas le gris chic de Giacometti mais un gris à la Gruber, sans distinction. C’est dans ce gris qu’il faudra faire venir une présence, le sentiment d’un réel qui vous prend à la gorge et qui sent l’organe. Impossible de peindre un homme seul, ou une femme seule. Ils sont forcément deux. On voit seulement des jambes, des bassins, un bas-ventre. Rien de tout cela n’est individualisé. Manquent les liens entre les éléments. Cette absence se développe dans l’ombre.

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