Thieri FOULC

552. Fuite d'un lit


Fuite d’un lit. Faire pour une fois un tableau remuant, décorseté, drôle. Le rectangle ondule de partout, non seulement de sa forme générale, mais des grandes lignes de couleurs vives qui le couvrent, comme une toile à matelas créée par un styliste pour magazines. En travers de ces lignes longitudinales, des obliques désignant l’ouverture du drap, et sous le drap un trou d’ombre. Puis le drap du dessous – autres couleurs, autres motifs. Oreillers peut-être, coussins, taches de couleur dans le bas. À gauche, un personnage émerge de sous le lit (de derrière le rectangle qui se gondole), et il hurle face au spectateur, bras levés. Ne pas craindre de lui faire trois bras ou plus et autant de visages qu’il faudra pour loger son immense hurlement. Pyjama rayé, à rythme de rayures et à couleurs différant de celles du lit. Sol rayé aussi, mais ce sont des rainures du plancher, fortement ondulé. Sur le mur du fond, une porte ouverte, la profondeur béante d’un corridor, que le lit, dans sa perspective en fuite sinuante cherche à gagner. En haut à droite, le mur de la pièce s’arrête avant le bord du tableau. Peindre là une zone neutre, qui reste inidentifiable au milieu de cette frénésie d’objets.

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