Thieri FOULC

553. Lit redressé


Lit redressé. Penser le tableau à la fois comme composition et comme matière. L’ensemble serait dans les blanc, beige, rose. L’arrière-plan est l’image d’une pièce assez vaste et claire, un espace donné comme tel. Il y a un sol en bas à gauche, qui peut être brun. On voit la plinthe horizontale en bas du mur. Celui-ci doit être subtilement peint de façon à suggérer un espace, une interposition d’air entre le spectateur et lui, sans pour autant se plier aux lois de l’éclairage. Le lit est installé en bas à droite, pur rectangle moelleux dont une chose est sûre : il n’est vu ni de côté, ni de face, ni de dessus, ce n’est pas un objet, il refuse l’évocation, il n’est forme de rien, signe de rien. Je ferai attention qu’il soit vraiment bien peint, gras et existant comme couches de peinture superposées, réceptacle de ma concentration et du regard spectateur. Et pour renforcer son opacité, j’irai jusqu’à ménager dans le mur, derrière lui, une petite fenêtre ouvrant sur le ciel et dont l’embrasure tout juste indiquée dira le contraire de ce lit.

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