Thieri FOULC

568. L’assistance


L’assistance. Lit en long. L’assistance est derrière le lit, rangée sous forme d’ombres. Ils n’existent pas, je ne veux pas qu’ils existent. Ils sont là côte à côte tournés vers le spectateur, c'est-à-dire, en fait, vers le lit. Une assistance, c’est au moins cinq silhouettes, de corpulences diverses et dont certaines se chevauchent. La dernière à droite est mordue par le cadre. Ces silhouettes ne sont pas franchement délimitées, comme celles de Jean-Charles Blais ou comme mes ombres en papier découpé. Elles ne sont pas non plus projetées sur le mur du fond. Ce sont plutôt des présences ombreuses, des fumées noires. L’une d’elles se répand à gauche au-delà du lit. À travers elles on perçoit le mur du fond, mais par endroits seulement, car elles ont aussi de l’épaisseur. Je redoute d’avoir à leur faire des organes internes, et pourtant il le faudra : elles auront des ventres et des poumons, dont les cavernes apparaîtront saignantes à travers l’ombre. Le lit, devant, ne sera pas indemne de leur présence. Quoique vide en lui-même, il sera, sur le bord, maculé par cette assistance.

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