Thieri FOULC

595. Portrait d’Horatio


Portrait d’Horatio. Horatio est vu de dos, devant un écran perlé (un écran de cinéma). Pour que l’image soit identifiable instantanément, je devrais peindre l’angle inférieur gauche de l’écran, avec sa bordure noire. Mais je ne veux pas de noir dans ce tableau blanc où Horatio lui-même sera pâle et irréel, silhouette blanche, si l’on ose dire. Je ferai donc en blanc aussi le tour noir de l’écran, ou ce qu’on en voit. Les trois blancs – l’écran, Horatio, le bord de l’écran – seront différents. L’essentiel du travail portera sur l’écran perlé, non seulement parce que c’est un blanc inhabituel en peinture et que le peintre ne peut s’en tirer en introduisant des paillettes brillantes, au contraire il devra faire en sorte que son écran vive comme peinture, mais parce que cet écran doit être le réceptacle de suggestions nombreuses, qu’il n’est pas question de définir, mais qui vont de l’assassinat secret au ciel étoilé public. De même que certains peintres ont travaillé des matériologies, pour parler comme Dubuffet, de même il faudra ici travailler les irisations, les images subliminales, les ondulations de la toile, les passages entre la forme d’Horatio et le fond de l’écran, entre l’écran et sa bordure, les oppositions et correspondances entre les trois zones de blancs différents, les interpénétrations entre elles. Aucune forme, aucun trait, aucun coup de pinceau ne devra être de la nature d’un pur signe graphique ; aucun ne devra se résoudre à n’être qu’un moyen de représentation. There are more things, Horatio…


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