Thieri FOULC

724. Surface


Surface. Si l’eau est une surface, elle laisse paraître quelque chose à travers. Peindre une eau noire, sans reflets. Lui donner juste assez de transparence pour qu’on distingue le fond de la cuve avec ses angles ou le fond de la piscine avec ses bandes. Il est plus facile, mais aussi plus difficile, de laisser voir un corps flottant entre deux eaux. Dans le tableau pris en hauteur, il est couché en perspective, la tête en haut. La perspective, faible, montre seulement qu’il n’est pas debout. Il est légèrement oblique et, à droite, il est coupé par le bord du tableau. Il est vêtu, ses vêtements flottent autour de lui. C’est facile de faire un corps quelconque, un noyé en style film policier, une image de l’espace abstrait et de la profondeur géométrique. Il est plus difficile de découvrir que la profondeur de la peinture est celle des images personnelles et que ce corps flottant a un visage, un visage qu’il faut reconstituer dans la décomposition du passé, auquel il faut accepter de parler et qui ne disparaîtra pas sous les couches transparentes de l’eau.

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