Après avoir étudié à l’école des Beaux-Arts et à la Sorbonne, à Paris, Thieri Foulc (né en 1943) renonce à la peinture proprement dite, au profit de la gravure (Le Massacre des innocents, livre d'artiste, 1975) et surtout du dessin : à partir de 1969, il dessine les projets (les « cartons ») d’œuvres textiles réalisées avec Nicole Foulc (1941-1990). Leurs thèmes sont des personnages aux suggestions énigmatiques ; leur technique, l’appliqué, brodé serré de façon à donner force à la ligne ; leurs matériaux, la soie, les lainages où ils expérimentent plis, déchirages, détourages, et, dans les dernières années, des matériaux légers comme l’organza (Les Passants, installation de quinze panneaux à personnages grandeur nature, 1985-1986). Ils réalisent également des collages de papiers découpés (Autoportrait de l’artiste en ombre, avec le peintre Tristan Bastit assis sur une valise, 1986).

En 1980, Thieri Foulc fonde l’Ouvroir de Peinture Potentielle (Oupeinpo) avec François Le Lionnais et Carelman. Il s’agit d’inventer des « contraintes » qui structurent l’œuvre à créer ou son processus de réalisation. Ces travaux sont présentés au centre Pompidou (1991 et 1999), et lors d’expositions propres ou avec l’Oulipo. Il les réunit dans un ouvrage, Du potentiel dans l’art (Seuil, 2005), et dans la Bibliothèque oupeinpienne (Au crayon qui tue, éditeur).

Après la mort de Nicole et plusieurs années de silence, Thieri Foulc entreprend à partir de 1998 des Peintures non peintes, qu’il appelle aussi « peintures de mots ». Ce sont des projets de peinture, textes écrits pour être lus publiquement et susciter une émotion « picturale » dans l’esprit des auditeurs : « Le projet est un moteur, vous entrez dedans et vous-même vous repeignez le monde. » Ces textes sont donnés lors de « performances », devant des « tableaux » noirs. En l’absence de l’artiste, les spectateurs entendent les « tableaux » dans un casque audio-guide, comme à Marseille (centre de la Vieille Charité, 2014).

Comme écrivain, il a donné plusieurs recueils poétiques imprégnés de ses traversées du Sahara dans les années 1965-1967, ainsi que de nombreux articles et travaux d’érudition.

Enfin, ayant œuvré un temps pour la grande édition, il a fondé sa propre enseigne, Au crayon qui tue (1993), aux dimensions délibérement réduites, pour publier Arrabal, Carelman, Jean Dewasne, Olivier O. Olivier, Jack Vanarsky, André Stas, Christian Zeimert, Miller Lévy, Jean-Luc Parant, Paul Fournel, Marcel Bénabou, Jacques Roubaud, Edoardo Sanguineti, Jean-Pierre Le Goff, l’Oupeinpo.

Il a été le Provéditeur-Éditeur Général du Collège de ’Pataphysique, publiant deux séries de sa revue, les Carnets trimestriels (2000-2007) et Le Correspondancier du Collège de ’Pataphysique (2007-2014).





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