579. Lit

Thieri FOULC

579. Lit,

Lit. Faire d’abord le lit comme une liberté. Il n’a pas de contour, c’est une surface dans le bas du tableau, qui s’élance vers le haut, vers l’espace libre. Border les alentours du lit avec de l’ombre, et ombrer aussi le lit. Au-delà du lit, une ombre dans l’ombre : un espace, encore. Le problème du peintre est de savoir ce qu’il y a sur le lit : la femme qu’il a aimée, sans aucun doute, mais il ne peint pas pour ajouter un nu à l’histoire de l’art. Ce qu’il veut rendre, c’est la liberté de cette femme mêlée à la sienne. Il est certain qu’il ne s’occupera pas d’anatomie. Taches sur ce lit, taches pour le ventre et pour les cuisses, taches pour la poitrine, taches pour la chevelure. Contraste de clair et de sombre pour l’intimité. Points épars pour les yeux et le trou des oreilles. Délices de poils noirs en un seul endroit. Mêler à cela les grands aplats du dos. Même s’il n’y a rien de commun entre cette peinture et l’organisation physique d’un corps, les formes ne seront pas jetées au hasard, au contraire puisqu’il n’est question que d’amour. Lien organique pour exprimer cette liberté qui a fait déborder la femme hors du lit.